Neurones déphasés

30 04 2011

Me brûler la cervelle.

Une idée, pour ne plus jamais penser. Que le dernier acte de ma vie, s’accomplisse, maintenant.

Neurones en délires, prenez vos bagages, d’ici peu, ça va chauffer dans les environs. Allez vous barricader dans le tréfonds d’un déplorable souvenir et oubliez-vous. Ne demandez pas de reconnaissance, votre vie n’est qu’un détestable aliment qui se répand comme un air trop pollué que nous respirons chaque jour, sans nous rendre compte de notre souffrance.

Neurones infernaux, éparpillés dans la multitude des noires pensées, vous amplifiez votre désir de paraître plus vivants que jamais, votre cape est maculée de mots crasseux, de phrases pouilleuses, d’abjections personnelles outrageantes à l’extrême. Vous êtes au sommet de l’indicible. Je vous reconnais, chacun de vous est une parcelle de destruction de mon moi. De celui que j’essaye de reconstruire et qu’irrémédiablement vous détruisez comme un vulgaire château de cartes, alors que laborieusement, je cimente chaque pierre, et que chaque geste est précis, chaque respiration est mesurée, chaque pas est longuement préparé.

Vous pleurez mes larmes à ma place. Votre ironie sur mon sort est d’un degré dès plus introverti. Neurones néfastes, vous prenez la liberté de mes actions, vous bouleversez la cohérence de mon devenir. Vous prenez vos aises d’envahir ma propre demeure, l’habitation de ma conscience profonde.

Je vous parle, neurones injurieux ! Écoutez-moi, où je vous brûle comme de la broussaille en été ! Votre indécence se propage dans mon entourage que je fais souffrir par votre faute ! Vous êtes responsables et je suis coupable de ma déchéance. Vous combattre, m’épuise.

Comment ? Vous m’aimez ? Mais votre obscénité n’a pas de mesure ! Vous êtes dans une demeure où le bon droit de vivre heureux était inscrit avant que vous n’arriviez. Vous avez effectué un travail de sape. Minutieusement vous avez concrétisé votre réalité. Je suis bonne poire et vous êtes le ver. Je vous hais et vous m’aimez !

Je suis dans l’impasse et vous êtes sur le boulevard. Répugnant est votre savoir-vivre. Riez, neurones déphasés ! Recenser vos coups, le temps vous est compté. Nous sommes liés sur la pente d’un avenir, aujourd’hui qui se fini. Je vais céder sous votre propre poids de détritus. Je vais abdiquer. Je ne suis plus maître de ce moi. Vous prenez possession de mes actes et les réduisez en des expressions douloureuses !

Gagnerez-vous au jeu de la balle qui siffle ? Votre destruction, par ma destruction sera le parachèvement de votre sinistre et reconnaissable œuvre.

Armez, le coup fatal.

Copyright 2001 – Max-Louis MARCETTEAU





Un meurtre ?

30 04 2011

Un homme habillé d’un tablier blanc est assis devant sa table de cuisine. Les bras tendus, les mains à plat sur la table, il attend. La pendule sonne ses onze coups. Dans la maison c’est le silence froid. Il se lève. Tire d’un tiroir, un couteau.

Elle est derrière la porte. Elle rêve qu’elle est reine d’une ville immense, fabuleuse de beauté, de richesse. Elle dort simplement. En ce jour elle parcourt sa ville. Tous ses sujets l’admire et la respecte pour sa bonté et sa justice sans faille !

Il descend les escaliers de bois qui déclament des douleurs. Chaque pas est un outrage. Il ouvre une porte. Les gonds sont muets. Elle est là, allongée, presque nue.

Elle est reine et gardienne d’un puits sans fond qui détient toutes les peines du monde vivant. Va-t-elle dans ses derniers instants s’éveiller et rétablir sa destinée ?

Il sait qu’aujourd’hui ne sera pas un jour comme les autres. Il a aiguisé son grand couteau ce matin. La lame est luisante, tranchante, prête à faire un travail, celui de la mort !

Elle va mourir ! Son sang sera celui de l’injustice ! Elle va hurler son innocence au moment où le couteau va rentrer dans sa chair douce et rose, mais aussi dans son âme !

L’homme en blanc est devant elle ! Il s’agenouille. Il va la surprendre dans son sommeil ! Prenant son courage à deux mains il lui tranche la carotide ! Le sang gicle. Il recule ! Le rêve de la truie s’est arrêté en face du puits !

Copyright 1999 Max-Louis MARCETTEAU





Cellule

30 04 2011

” – Non !

- Si !

- Non !

- Si !

- Oooh ! Comment était-ce ?

- Enorme, gigantesque, vaste, titanesque, immense, infini, insondable, immensurable, et j’en passe…

- Et, quel effet ça fait ?

- Une étrange impression d’être un pantin qui gît au sol.

- Comme une loque humaine ?

- Je ne pourrai pas te dire, je ne me rappelle plus de ce genre d’état.

- Remarque moi non plus!

- Je suis devenu comme toi, un trou de mémoire.

- Un coup de rouge ?

- Pas de refus !”.

Copyright 1997 MARCETTEAU Max-Louis





Un état

30 04 2011

UN ÉTAT


CHAPITRE I

 

“  – Je veux aller en prison !

- …… ?

- Je veux aller en prison !

- Pour quel motif ?

- Aucun !

- ….. ? Impossible !

- Pourquoi ?

- Il faut que vous fassiez un acte désagréable envers la société.

- Ce que je veux, s’est loger en prison comme on va l’hôtel.

- Je vous conseille un centre psychiatrique.

- J’ai passé des examens qui ont confirmé mon bon état mental.

- Je vois que les erreurs ne sont pas que…. Judiciaires. Mais enfin mon bon monsieur

, il m’est tout à fait impossible d’accueillir votre personne dans un établissement pénitentiaire…dans votre situation.

- J’exige le directeur.

- Le commissaire. Celui-ci n’est pas là !

-Alors son associé !

- Je suis l’inspecteur principal Courget et je vais me fâcher et en prime vous mettre dehors !

- Insensé ! Je suis une âme en détresse et je suis venu chercher un soutien.

- Tenez, voilà le numéro de téléphone de SOS amitié.

- Aaaah ! Que je suis malheureux, vous savez. Je suis marié, trois enfants. Et pourtant je suis, terriblement seul. Voyez-vous, le problème de notre civilisation est qu’il faut écouter tout le monde et quant à moi, personne ne prend acte de mes difficultés.

- Je sais, le monde est ingrat ! C’est pour cela que vous allez dégager le plancher !

- Je reconnais que je m’y prends mal, alors guidez-moi.

- …. ?

- Dites-moi comment je dois procéder.

- Agent Martin, un divertissement pour toi.

- Vous êtes un sauveur pour moi.

- Déposer ce colis sur le trottoir.

- Mais…mais…horreur, vous êtes indigne…. Je suis un citoyen comme tout le monde…j’ai le droit à un minimum…. Aaaaaaaaah !

CHAPITRE II

- Vous ne me reconnaissez pas ?

- Euh ! …Non.

- Mais si. Moi-même en personne. La dernière fois, qui était la première dans ce lieu, vous m’avez mal compris. Aujourd’hui, je suis là pour la même raison. N’appelez pas Martin, il est remplacé par un dénommé Paul, un copain à moi. Vous êtes l’homme de ma situation. Je sais que vous êtes le président d’une association : “  La vie continue ”. Vous êtes mon avant dernier recours.

- Passez directement au dernier, je suis ici pour travailler, monsieur.

- Hélas, l’ultime recours sera pour moi, la Loire.

- Alors, prenez le large !

- Votre cynisme me renforce, je vois que rien n’est perdu…pour moi, grâce à votre association.

- Votre problème ?

- Des obsessions.

- Je ne peux…

- Pour mon cas, le seul remède : la prison…comme thérapie…. je suis à bout…l’envie de tuer est..

- …. ?

- Infernal ! je sais…aidez-moi…je suis entrain de sombrer dans la démence…

- Vraiment une démarche peu conventionnelle. Je suis embarrassé. Je me demande si une responsabilité aussi inconfortable est assumable.

- Vous avez sauvez tellement de gens …aidez-moi.

- Je vais essayer. Mais je ne vous promets rien !

- Je sais que vous faites le maximum…

- Permettez ! Oui…. oui…. non…. bien sûr…. d’accord ! J’apprends à l’instant que vous vous êtes fait passer pour mon frère…

- Je reconnais que je m’y prends mal. Je suis l’image d’un détraqué. Quand je suis seul, j’ai des malaises. Quand je suis en compagnie, des desseins de meurtres courent sur les rétines de mes yeux. Je suis transpercé par l’excès du mal.

- Mais qui êtes-vous vraiment ?

- Mais votre esprit bien sûr ! ”.

Copyright 1989 – MARCETTEAU Max-Louis





Tout le monde

17 04 2010
rose_tout_orange

c'est beau

Tenir, tenir, tenir,

Oublier d’exister,

User sa vie en cire,

Tenir, tenir à expier !

Le vol de l’oiseau,

Epouse nos voyages.

Milliards d’âmes,

Otez vôtre éternité,

Noyez vos flammes,

Demain est crucifié,

Et aujourd’hui damné !

© Max-Louis MARCETTEAU








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